Conversations sur le sexisme, Harmattan, 2010, par Philippe Clauzard
Si l’égalité entre les femmes et les hommes…
Si l’égalité entre les femmes et les hommes progresse, force est de reconnaître que les femmes sont encore victimes de préjugés, de stéréotypes, d’inégalités qui limitent leurs vies professionnelles, familiales et sociales. L’heure demeure au développement d’une éducation à l’égalité filles – garçons, à la révision d’attitudes et de discriminations sexistes qui s’inscrivent dans des représentations traditionnelles de dévalorisation du féminin par rapport au masculin. Cette infériorisation est gravée dans le marbre de la langue, elle réside dans la catégorisation en genres hiérarchisés. « Désexiser » la langue, les jouets enfantins, les rôles sociaux des adultes ; repenser la notion de genres et leurs attributions conformes aux usages ; resituer les rapports humains dans une perspective historique et théorique ; bousculer les normes, les lieux communs… Tout cela répond à la Convention interministérielle de 2007 sur l’égalité entre femmes et hommes et les missions éducatives afférentes. Ces conversations en famille, en classe, entre élèves sont des invitations éducatives à des discussions pédagogiques qui visent plus amplement une éducation à la citoyenneté, copartagée par les coéducateurs que sont les enseignants et les parents. Homme ou femme : c’est une question de connaissance et de respect, tout simplement. Conversons-en.
Philippe Clauzard, enseignant-chercheur, auteur de Conversations sur le sexisme, Harmattan, 2010.
Table des matières
Avant-Propos
Scène 1 – MAÎTRESSE, POURQUOI ON N’A PAS DE JOURNÉE DE L’HOMME ?
CONVERSATIONS EN FAMILLE
Scène 2 – COMPTES EN COURS DE MATHS
CONVERSATIONS EN CLASSE
Scène 3 – LA SEMAINE DE l’ORIENTATION
CONVERSATIONS AU COURS PREPARATOIRE
Scène 4 – SACREE RECREE
ANNEXES pour aller plus loin dans nos conversations
1 – QUELQUES CONSEILS ÉDUCATIFS VISANT LA PROMOTION DE CONDUITES NON SEXISTES
2 – Une leçon-type pour le secondaire
3 – QUELQUES AUTRES SEQUENCES RELATIVES A LA QUESTION SEXISTE
4 – ce qu’il faut faire ou ne pas faire dans sa classe
5 – QUELQUES DISPOSITIFS PÉDAGOGIQUES PROPICES A UNE REVISION DES COMPORTEMENTS ET IDÉES SEXISTES
Scène 5 – MADEMOISELLE DRUCHE VOIT MARIANNE ET JÉRÔME DEFILER
GLOSSAIRE
Bibliographie
Sources documentaires
Table des matières
Dis-moi, qu’appelles-tu la division sexuelle des tâches ?
– Qu’appelles-tu la division sexuelle des tâches ? – C’est une répartition inéquitable et injuste des tâches domestiques, professionnelles et sociales entre les femmes et les hommes. – C’est-à-dire ? Tu veux parler d’une inégalité… – Eh bien, aux hommes, on confie des tâches nobles comme décider de l’avenir d’un pays, diriger une grande entreprise et on concède aux femmes de s’occuper de l’éducation des petits enfants, d’effectuer des activités peu valorisantes comme caissière, standardiste, etc. – Alors, tu trouves que le métier de caissière est peu valorisant. – En comparaison avec des métiers de direction et de responsabilités réservés aux hommes, oui, on peut le penser. On ne demande pas d’initiative à une caissière, que je respecte par ailleurs. C’est même parfois un métier qui s’impose justement du fait de la souplesse ou flexibilité des horaires permettant de s’occuper des enfants dont le mari ne s’occupe pas. Une flexibilité qu’on ne propose pas aux hommes ! – Tu veux dire, en définitive, qu’il n’y a aucune raison que les hommes ne s’occupent pas des enfants, qu’ils ne fassent jamais la cuisine ou la vaisselle. – En vois-tu, toi, une raison ? – Non. C’est pourtant toujours les filles qui font la cuisine. – Simone de Beauvoir explique que si les filles et les garçons sont égaux à la naissance, en grandissant, les filles se conforment à un modèle que les hommes ont imaginé pour elles. Elle écrit : « on ne naît pas femme, on le devient ». C’est ainsi que son livre va éveiller des consciences, conduire des femmes à vouloir vivre comme des hommes et le revendiquer haut et fort. Après quelques livres révélateurs d’une nouvelle conscience de la condition féminine, les femmes vont défiler dans les rues dans les années 1960 et 1970 pour contester toutes les dominations masculines et demander le droit de choisir d’avoir ou non des enfants, de choisir le nombre d’enfants souhaité. Elles réclament le droit à la contraception et à l’avortement. – Tu peux m’expliquer ces mots ? – La contraception est un moyen d’éviter la grossesse tout en ayant des relations sexuelles. On emploie alors le préservatif ou bien les femmes prennent la pilule anti – contraceptive. L’avortement désigne la possibilité d’interrompre une grossesse grâce à une intervention médicale. – Les femmes peuvent donc vivre comme elles veulent, si je comprends bien. – Tout à fait. À partir de 1975, les femmes disposent libre-ment de leur corps. Et du coup de leur avenir. – C’est donc une victoire. – Absolument. Mais les féministes doivent être prudentes. Certaines personnes rêvent de revenir sur ces lois considérées comme trop libérales.
Et moi qu’est-ce que je peux faire dans ma classe?
Soyez confiant en votre propre créativité et aux échanges d’idées et de démarches pédagogiques au sein de l’équipe éducative de votre école. Il est préférable de vous inscrire dans un projet d’ensemble. Un projet d’école que chaque enseignant porte et devra défendre devant les parents d’élèves, les parents élus au conseil d’école auxquels il con-viendra de présenter et justifier la démarche éducative dont l’objectif général est humaniste et solidaire d’une politique d’anti-discriminations et d’anti-marginalisations des personnes humaines quelles que soient leurs différences de sexe ou de genre. Il conviendra peut-être de faire preuve de péda-gogie auprès des parents, toutefois la question des femmes n’est plus un sujet « tabou ».
En bref, on mobilisera les enfants avec les actions suivantes :
– À l’école maternelle : travailler sur les stéréotypes et cli-chés, les lieux communs à partir d’albums, d’images mon-trant des rôles différenciés et hiérarchisés ; conduire les élèves à réfléchir sur la validité de ces comportements ; amener à une dictée à l’adulte sur les conduites non sexistes…
– À l’école primaire : faire étudier des personnages féminins célèbres à mettre en rapport avec des hommes célèbres, interroger les rôles domestiques et les carrières attribués aux filles, faire observer les stéréotypes dont sont impré-gnés les manuels scolaires, faire réfléchir sur les notions de sexisme et de stéréotypes, de machisme…
– Au collège : développer progressivement une réflexion sur la question du genre, faire étudier les stéréotypes sexistes dans la littérature et les arts visuels, le cinéma ; conduire des séquences sur le sexisme, les liens avec l’homophobie et plus généralement le racisme, les exclusions de la per-sonne ; réaliser des activités de théâtre forum, des débats « philosophiques », des activités de recherches person-nelles relatives à la thématique ; valoriser et partager les travaux avec les autres classes du collège : l’exposition « boîte aux clichés homme/femme » ; le catalogue des pu-blicités sexistes ; l’exposition de promotion des rôles et métiers non traditionnels, l’exposition des affiches de phrases sexistes de grands littérateurs…
Dis-moi, quelques citations
« La femme a toujours été, sinon l’esclave de l’homme, du moins sa vassale ; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd’hui encore, bien que sa condition soit en train d’évoluer , la femme est lourdement handicapée . » Simone de Beauvoir
« Par leurs offres et leurs sollicitations, les parents encouragent les attitudes et comportements qu’ils jugent appropriés au sexe de leur nourrisson. L’enfant répond dans le sens souhaité. Et il apprend à se positionner de façon interactive en tant que personne qui participe à sa propre élaboration. Comment s’étonner alors de l’intériorisation des conduites sexuées. » Françoise Héritier
« L’extraordinaire, dans le combat pour l’égalité entre les sexes, c’est qu’il est toujours à recommencer et que l’actualité en donne sans cesse un éclairage neuf. Or ce combat a derrière lui l’histoire de l’humanité -ou peu s’en faut. Non que nos sociétés n’aient, depuis quelque cinquante ans, considérablement évolué. Mais tout démontre aujourd’hui encore que, dans les faits, la femme n’est jamais tout à fait l’égale de l’homme. C’est vrai dans le monde du travail, c’est vrai dans la fonction publique, c’est vrai en politique, et c’est malheureusement vrai au sein de l’institution scolaire. Il nous faut donc livrer ce noble et difficile combat : libérer nos sociétés d’un de ses carcans les plus archaïques et parvenir à une parfaite égalité de condition entre les hommes et les femmes. • Parce qu’elle a en charge la formation des futurs citoyens, l’école est aux avant-postes. (…) Dans tous les cas, l’attention doit être portée à la vie scolaire : c’est en effet au quotidien, patiemment et sans relâche, que nous donnerons corps à l’égalité. Il s’agira en particulier de prévenir les formes de violence verbale ou physique, sexiste ou sexuelle qui peuvent apparaître dans un établissement et qui représentent autant de menaces pour l’équilibre des élèves. » • Avant-propos de Jack Lang, ministre de l’éducation, Bulletin officiel hors série n°10 du 2 novembre 2000 : « À l’é cole, au collège et au lycée : de la mixité à l’égalité ».
Si l’égalité entre les femmes et les hommes progresse, force est de reconnaître que les femmes sont encore victimes de préjugés, de stéréotypes, d’inégalités qui limitent leurs vies professionnelles, familiales et sociales. L’heure demeure au développement d’une éducation à l’égalité filles – garçons, à la révision d’attitudes et de discriminations sexistes qui s’inscrivent dans des représentations traditionnelles de dévalorisation du féminin par rapport au masculin. (…) Cette infériorisation est gravée dans le marbre de la langue, elle réside dans la catégorisation en genres hiérarchisés. « Désexiser» la langue, les jouets enfantins, les rôles sociaux des adultes ; repenser la notion de genres et leurs attributions conformes aux usages ; resituer les rapports humains dans une perspective historique et théorique ; bousculer les normes, les lieux communs… (…) Tout cela répond à la Convention interministérielle de 2007 sur l’égalité entre femmes et hommes et les missions. Philippe Clauzard, enseignant-chercheur, auteur de Conversations sur le sexisme, Harmattan, 2010.
Pour commander le livre :
https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/conversations-sur-le-sexisme/43900
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj
De l’amour pour tous, Harmattan, 2013, par Philippe Clauzard
Conversations sur les orientations et les sentiments amoureux
Au lendemain des débats autour du mariage pour tous, trois conversations à objectif
pédagogique fictives mais ancrées dans le réel viennent nourrir une réflexion sur
l’amour, son orientation, le désir, l’érotisme et de façon générale la question des
sentiments et de la sexualité.
Avec l’entrée en vigueur du mariage pour tous dans les habitudes sociétales
françaises, l’heure est plus que jamais à l’éducation des générations futures aux
amours plurielles, aux sexualités et aux questions de sentiments, de respect de
l’autre, comme un souci de l’autre définissant l’amour. A l’ombre de Stendhal,
s’ébauche une réflexion à partir de conversations sur le sujet, fictives mais bien
ancrées dans la réalité, pour clore une trilogie. Sexisme et homophobie demeurent
des luttes de tous les instants, parions sur l’amour comme puissant ciment d’une
société qui doit savoir se réconcilier par delà ses fractures éthiques et idéologiques.
Conversons-en tous ensemble !
(Coll. Sexualité humaine, 14 euros, 134 p., octobre 2013) EAN : 9782343015408
EAN PDF : 9782336327358 EAN ePUB : 9782336677453
Bonnes pages de « De l’amour pour tous, Conversations sur les orientations
et les sentiments amoureux » :
De l’amour pour tous, quel titre opportuniste au lendemain des débats sur le mariage
pour tous qui enflammèrent les esprits. Et pourtant, par-delà la question législative et
institutionnelle du mariage, c’est bien l’idée d’amour pour tous les adultes qui était à
la périphérie des discussions. Il s’agit bien de légitimer les amours plurielles, de les
reconnaître et anoblir.
Lorsque Stendhal a écrit « De l’Amour », la question était entendue : il évoquait
l’amour hétérosexuel. Kinsey n’était pas encore passé par là. Le pluriel des amours
n’était pas entré dans les mœurs, il n’apparaissait pas sur la carte du Tendre. De nos
jours, évoquer à égalité les amours hétérosexuelles, homosexuelles et bisexuelles
n’est plus interdit, choquant ou malvenu. Même si en certains endroits, on préfère
taire le sujet, même si au plus profond de ses pensées intimes, on estime que toutes
les sexualités ne se valent pas. Toutefois, quel que soit l’être aimé, d’amour s’agit-il.
Et mieux vaut l’amour que la lutte clame (presque) notre célèbre institutrice (de notre
trilogie) Mlle Druche, qui intervient à nouveau dans ces conversations croisées : des
conversations familiales et scolaires. Si la procédure d’écriture est invariante, et
support à des interactions famille/enfant et élèves/professeur, l’âge des jeunes gens
est celui des lycéens ou étudiants. Ces propos s’adressent à des jeunes adultes ou «
préadultes » d’au moins 15 ans. Qu’est-ce que l’amour ? Quelles sont les
orientations amoureuses ? Que sont les relations sentimentales ? Ce sont des
interrogations d’adolescents, voire de postadolescents. Ces trois questions
principales forment les chapitres de cet ouvrage, ce sont des interrogations
éternelles ponctuées de saynètes qui les mettent en relief.
Commandez en ligne l’ouvrage :
https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/de-lamour-pour-tous/33463
Conversations sur l’homophobie, Harmattan, 2001, par Philippe Clauzard
A l’heure où l’éducation à la sexualité et à la vie…
A l’heure où l’éducation à la sexualité et à la vie est remaniée, au moment où l’homosexualité et l’homophobie deviennent des sujets de société dans les médias, à l’instant où le monde éducatif entre timidement dans ces questions, cette conversation souhaite ouvrir un nouvel espace de dialogue dans les familles et les enseignements, bousculer à sa manière les préjugés, la frilosité, et l’ignorance. Gays, lesbiennes, bisexuels, hétérosexuels : tout cela est juste une question d’amour, tout simplement. Conversons-en.
Table des matières
Préface de Louis Georges TIN
Table des matières
Avant-Propos
PREFACE
AVANT-PROPOS
DIS PAPA, C’EST QUOI L’HOMOPHOBIE ?
SCENE 1 – LA QUESTION INOPPORTUNE
SCENE 2 – MON PAPA EMBRASSE HERVE
SCENE 3 – LES HOMMES PEUVENT-ILS AVOIR DES ENFANTS ?
SCENE 4 – FILS DE PEDE
SCENE 5 – PARCE QUE LA TERRE EST RONDE
ANNEXES POUR ALLER PLUS LOIN DANS NOS CONVERSATIONS
1 – POUR LES EDUCATEURS (FAMILLES ET ENSEIGNANTS), QUELQUES MOYENS CONCRETS POUR COMBATTRE L’HOMOPHOBIE 105 2 – QUELQUES ATTITUDES HETEROSEXISTES OU HOMOPHOBES A EVITER
3 – POUR LES EDUCATEURS, CE QU’IL FAUT FAIRE OU NE PAS FAIRE DANS SA CLASSE
4 – COMMENT REAGIR LORSQU’UN ELEVE TRAITE UN AUTRE ELEVE DE PEDE
5 – LORSQU’UNE CLASSE N’A QUE LE MOT HOMOSEXUEL A LA BOUCHE, QUE FAIRE ?
6 – QUELQUES PISTES DE TRAVAIL DANS LES ECOLES SUR LES QUESTIONS HOMOPHOBES ET HOMOSEXUELLES 131 7 – UNE LEÇON-TYPE POUR LE SECONDAIRE
8 – SEQUENCES SUR LA NOTION DE STEREOTYPE ET D’HOMOPHOBIE
9 – UNE LEÇON DE VIE : DIFFERENCE ET TOLERANCE, RESPECT
10 – UNE DEMARCHE-TYPE D’ACTIVITE AUTOUR DE LA SAINT-VALENTIN
GLOSSAIRE
BIBLIOGRAPHIE
FILMOGRAPHIE
NUMEROS DE TELEPHONE, SITES INTERNET
SOURCES DOCUMENTAIRES
Libé : Contre l’homophobie à l’école
Contre l’homophobie à l’école, Un cortège du Snes défilera dans la Marche. Par Marie-Anne SORBA, Libération du samedi 29 juin 2002 «L’homosexualité reste un sujet tabou sur lequel l’école ne doit plus se taire.» Françoise Dumont, du Snes. «Il y a des gouines à la cantine !», clamaient hier soir les étudiants de «Moules-Frites», fédération d’associations de jeunes gays et lesbiennes, devant le ministère de l’Education nationale, à la veille de la «Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans». Un préambule au mot d’ordre du Snes (Syndicat national des enseignements du second degré) ce samedi : «Construire une école sans homophobie.» Pour la première fois, le syndicat majoritaire du secondaire envoie «un vrai cortège» à l’ex-Gay Pride. Professeurs, conseillers d’orientation ou surveillants réunis en «groupe de lutte contre toutes les formes d’homophobie», ils défileront dans le secteur droits et libertés de la manifestation. «Nous n’avons rien d’une coterie homosexuelle du Snes, indique Philippe Castel, le coordinateur du groupe qui fête aujourd’hui son premier mois d’existence officielle. Il s’agit de lutter contre l’homophobie dont peuvent être victimes le personnel de l’Education nationale et les élèves.» Insulte. Avec cette initiative, l’Education nationale rejoint la petite dizaine de professions dans laquelle se sont créés des groupements ou associations homosexuels : employés d’EDF-GDF («Energay»), d’Air France («Personne’Ailes») ou même policiers («Flag»). Mais à l’école, le contexte est peut-être plus délicat que partout ailleurs. Pour les personnels comme pour les élèves. Françoise Dumont, secrétaire générale du Snes, relève que «l’homosexualité reste un sujet tabou sur lequel l’école ne doit plus se taire. Il faut tout faire pour que des jeunes en difficulté vis-à-vis de leur sexualité ne se sentent plus mal dans leur peau.» Le taux de suicide, deuxième cause de mortalité chez les 12-25 ans, est cinq à six fois supérieur chez les jeunes homosexuels que chez les hétéros. D’autant plus que dans les cours de récréation, l’insulte homophobe est reine. Jean-Louis Touton est conseiller principal d’éducation au lycée Denis-Diderot à Marseille : «J’ai quelques élèves homosexuels et, dans cette ville, ce n’est pas évident pour eux.» Ce CPE sait de quoi il parle : l’un des professeurs de seconde l’avait fustigé en conseil de classe après l’avoir aperçu main dans la main dans la rue avec un garçon. Car, côté enseignants, la discrétion reste la règle. «Je n’en parle pas avec mes collègues en salle des profs, explique un jeune professeur de lettres de banlieue parisienne. Je crains des a priori négatifs de leur part. Comme l’Education nationale nous demande de ne faire ni prosélytisme, ni déballage de notre vie privée, je m’en tiens à cela.» Bruno, 36 ans, est instituteur à Marseille : «Ma vie personnelle reste en dehors de l’école, même si je sais qu’à force de dire que je n’ai pas de copine, mes collègues finiront par se douter de quelque chose. Je redoute le jour où je serai obligé de le dire clairement à l’école.» La principale raison de leur silence, c’est le risque d’amalgame dans l’esprit des parents entre homosexualité et pédophilie. Le climat des dernières années ne facilite rien. Les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont les premiers à mettre les futurs profs en garde contre toute attitude qui pourrait prêter à confusion. Mieux vaut se taire, surtout dans les petites classes. A l’université, les choses semblent plus simples, même si le Centre national des universités, chargé de la validation des thèses, met des bâtons administratifs dans les roues des étudiants travaillant sur un sujet touchant à l’homosexualité. Discrimination. «L’école, c’est comme un moule à gaufre : c’est là que les personnalités et les préjugés se forment», explique Philippe Clauzard, spécialiste en sciences de l’éducation, auteur d’un ouvrage sur le sujet (1). «On dote les élèves d’un bagage contre le racisme. Pourquoi pas contre l’homophobie, qui est discriminatoire au même titre ?» «L’école n’a jamais été neutre en matière de sexualité, contrairement à ce que laisse entendre le discours laïque, explique de son côté Louis-George Tin, enseignant-chercheur à la fondation Thiers. L’un des arguments avancés au départ pour justifier la mixité, c’était justement la phobie de la promiscuité entre garçons. Rien à voir avec le désir d’intégrer les filles !». (1) Philippe Clauzard, Conversations sur l’homo (phobie). L’éducation comme rempart contre l’exclusion, L’Harmattan, 2002.
Dites-moi, que se passe t-il donc ? C’est Martin, il arrête pas de parler des homosexuels…
– Ah ! Dites-moi, que se passe t-il donc ? – Mais, maîtresse, c’est Martin, il arrête pas de parler des homosexuels… Mademoiselle Druche pâlit de nouveau, comme l’autre jour, il y avait déjà bien longtemps. Cependant, les vacances d’été commençant dans trois jours, plus téméraire, elle interrogea à la cantonade : -Et alors, qu’est-ce qu’on en dit ? – Que c’est de sales histoires de grands, répondit Sandrine… – Ah bon ! Et c’est tout ? – Si, il va nous contaminer, ajouta Arnaud. – Et puis c’est pas normal, clama Henri. Je me tassais au fond de mon siège, fixant ma trousse. J’aurais aimé pouvoir m’y glisser et me cacher. Mais Mademoiselle Druche fut divine. Que lui arrivait-il donc ? Elle parla au début un peu rapidement, puis plus calmement. – Ecoutez bien les enfants, ce mot « homosexuel » figure dans le dictionnaire à la lettre « H ». Ensuite, il y a des gens comme cela… euh… c’est-à-dire qu’il y a des personnes qui aiment bien être avec des personnes du même sexe, qui éprouvent de l’affection, des sentiments, disons, de l’amour pour des personnes qui sont aussi comme elles, homme ou femme… – M’dame, demanda Sandrine, il y a aussi des femmes homosexuelles, alors ? – Bien sûr. – J’y crois pas. C’est pas possible, les femmes, elles font des enfants… – Ouais, ajouta Zoé, maman m’a dit, les femmes ont tous les droits, comme les hommes ; mais elles n’ont pas le droit de faire l’amour entre elles. Mademoiselle Druche fut stupéfaite et muette, l’espace d’un instant. – Vous êtes surpris… mais cela existe. Il y a des hommes qui aiment des femmes, des hommes qui aiment des hommes, des femmes qui aiment des femmes… Des ricanements jaillirent du fond de la classe. Mademoiselle Druche s’arrêta un moment. Elle réfléchissait. Son index remontait la pente de son nez droit. Elle ajouta : – Oui, et puis il y a des hommes qui aiment les femmes et les hommes, il y a des femmes qui aiment les femmes et les hommes. On les appelle les bisexuels. À côté vous avez donc les homosexuels. Et ceux qui vont avec une personne de sexe différent s’appellent des hétérosexuels. Connaissez-vous ce dernier mot ? Recherchez-les dans vos dictionnaires. Mademoiselle Druche écrivit en grosses lettres rondes les mots de vocabulaire qu’elle venait d’annoncer pendant que nous les cherchions dans nos petits dictionnaires respectifs. Les enfants furent très étonnés de leur découverte, de trouver dans leur dictionnaire tous ces mots. Martin lâcha : – C’est compliqué tout ça… Magali s’écria : – Tiens, il y a aussi le mot « sexy », « sexe »… tous ces mots sont dans le dictionnaire. Ils sont pas interdits, m’dame ? – Pourquoi le seraient-ils ? Ils ne sont pas non plus familiers ou vulgaires… ce sont des mots communs… vous vous souvenez de notre leçon… – Mais est-ce qu’ils sont normaux ces homos ? – Les hommes et les femmes homosexuels, vous savez, sont des gens comme vous et moi. Ils ne vont pas vous contaminer. Peut-être pensez-vous au sida… eh bien, le sida est une maladie qui concerne tout le monde : les hétérosexuels, les homosexuels, et les bisexuels… Et puis, croyez-vous que c’est anormal d’aimer ? Vous aussi, vous aimez… des gens, des choses, des moments… – Papa m’a dit qu’ils s’attaquaient aux enfants… – C’est vrai, il y a des gens qui abusent des enfants, veulent faire avec eux des choses interdites. Mais ce ne sont pas des homosexuels. On les appelle communément dans les journaux : des pédophiles. Ce sont d’eux que vous devez vous méfier et savoir dire non quand ils vous font une caresse que vous ne voulez pas… – Mais M’tesse, comment on sait qu’on veut pas ? – Ben, tu le sens au fond de toi, il y a une petite voix intérieure qui te dit : je ne veux pas que cette personne me caresse, me fasse un baiser ou autre chose… Il faut pas t’inquiéter, tu sauras toujours ce que tu veux ou non… – Mais ces gens-là sont plus forts que les enfants, déclara Arnaud. – C’est vrai, mais la Loi te protège Arnaud, tu te souviens de la leçon d’éducation civique sur les Droits de l’Enfant… – La loi ? Mais, c’est juste des mots, déclara Sandrine. Si Arnaud a vraiment besoin d’aide… – Eh ben, il y a tous les autres adultes, les parents et même un numéro de téléphone gratuit. Je l’apporterai demain. Je l’ai à la maison… Fabien ajouta : – Maman dit que les homos, c’est quand même pas normal, qu’il ne faut pas se faire influencer… – Crois-tu, répondit la maîtresse, qu’on peut influencer les personnes comme cela. Un homosexuel, c’est par exemple un garçon qui aime bien embrasser un autre garçon ou bien être souvent en sa compagnie. Nul ne peut forcer quiconque à aimer cela. On n’est pas homosexuel pour faire comme son voisin, parce qu’on te demande de l’être. Mais parce qu’on l’est. – Et ça s’attrape pas ? – Non. Ce n’est pas une maladie. C’est simplement être différent. Crois-tu qu’être gaucher, avoir les yeux bleus, ou être roux avec plein de taches de rousseur sur la peau, c’est une maladie, que ça peut s’attraper ? La classe était complètement silencieuse. L’éloquence de Mademoiselle Druche nous avait rarement autant captivés. J’étais très fier de ma maîtresse d’école.
Et moi qu’est-ce que je peux faire dans ma classe?
On mobilisera pour les enfants la notion de famille parce qu’ils associent la plupart du temps les questions d’amour à leurs parents et à leur famille. Concernant les adolescents, on mettra en avant la notion de couple sur laquelle s’appuieront les questions de sexualité. Comme activité d’éveil et réflexion pour les enfants, nous proposons un éventail de pistes pédagogiques qui pourront être étoffées par les enseignants imaginatifs qui auront à cœur de se documenter au préalable sur la vie quotidienne des personnes homosexuelles. La Saint Valentin, la Lesbian & Gay Pride, le carnaval gay de Sydney, la journée du Coming-out, la journée mondiale du Sida… sont des moments opportuns pour présenter aux enfants l’existence d’amours plurielles : hétérosexuelles, bisexuelles et homosexuelles. Certains enfants peuvent être concernés. Ils ont un grand frère gay ou une grande sœur lesbienne, un cousin homosexuel, des voisins qui vivent en couple homosexuel ou bien des parents gays ou lesbiennes… Soyez confiant en votre propre créativité et aux échanges d’idées et de démarches pédagogiques au sein de l’équipe éducative de votre école. Il est préférable de vous inscrire dans un projet d’ensemble. Un projet d’école que chaque enseignant porte et devra défendre devant les parents d’élèves, les parents élus au conseil d’école auxquels il conviendra de présenter et justifier la démarche éducative dont l’objectif général est humaniste et solidaire d’une politique d’anti-discriminations et d’anti-marginalisations des personnes humaines quelles que soient leurs différences d’orientation amoureuse. Il conviendra peut-être de faire preuve de pédagogie auprès des parents, toutefois la question de l’homosexualité n’est plus un sujet aussi « tabou » que jadis. Toutefois, cela fait encore largement débat…
Critiques presse sur l’ouvrage
France Inter, 5 octobre 2002, 10h10. « Danielle Messager, c’est l’heure de la chronique Age Tendre et vous nous parlez ce matin de la dernière action du Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida. Il vient d’organiser des Rencontres sur la place de l’homosexualité dans l’éducation sexuelle à l’école. L’école qui a un rôle essentiel car les ados au collège comme au lycée se posent beaucoup de questions. – T’as vu sa démarche, comment il est fringué. Il est toujours avec les filles. C’est sûrement un pédé lui. Exemple de réflexions entendues par un surveillant à l’encontre d’un garçon régulièrement objet de quolibets. Dans des documents remis par l’Education Nationale aux surveillants, aux enseignants, des pistes sont suggérées pour réagir à de telles situations comme proposer au sein d’une classe une réflexion permettant aux élèves de comprendre et de respecter les orientations sexuelles de chacun en n’éludant pas les questions qui sont nombreuses chez les ados. Est-ce que c’est normal l’homosexualité ? Alors plutôt que normal, rappelez que sur le plan social ou moral, elle a toujours existé quelque soit le pays et les cultures. – Est-ce que ça se voit ? Est-ce qu’on peut le devenir ? A cela l’enseignant ou le parent devrait redéfinir certains éléments car ces jeunes ont souvent tendance à faire l’amalgame entre une expérience homosexuelle qui n’est pas la même chose que l’homosexualité, entre des réactions jugées un peu féminines pour un garçon qui ne sont pas le signe de l’homosexualité. Ca c’est la théorie. Et puis dans la pratique, on entend encore trop souvent de terme de maladie associé à l’homosexualité quand on ne va pas jusque dans certaines manifs à demander les « pédés au bûcher ». Philippe Clauzard qui est enseignant et auteur de « Conversations sur l’homo(phobie) » regrette que la question de l’homosexualité à l’école semble importune, impertinente à une époque où l’on a pourtant jamais autant parlé d’homosexualité dans les médias et vu autant d’homos défiler dans les rues. Pourtant, l’école a une responsabilité pour éradiquer les préjugés homophobes, sauf qu’elle dispose de peu d’outils pédagogiques. Mais après tout, un bon entretien préparé par un enseignant motivé ne suffit-il pas ? C’est vrai qu’on demande beaucoup à l’école alors que la société affiche sans retenue ses hypothèses sexistes et homophobes, mais c’est aussi parce qu’on la croit capable d’être un réel rempart contre l’exclusion de la personne différente . Faute de quoi, il faudra encore rappeler ces résultats d’enquête . Il y a un risque accru de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels parfois supérieur à 40 %. Il ne serait donc pas incongru d’imaginer qu’au sein même de l’école comme on consacre une journée à la maltraitance, on évoque un jour l’homosexualité ou l’homophobie. » Chronique « Age Tendre » du samedi 5 octobre 2002 ; une chronique de Danielle Messager, chaque week-end après le journal de 10h sur France Inter.
Un ouvrage qui s’adresse à tout le monde, les parents, les éducateurs, homos ou hétéros, et surtout les enfants. Vous trouverez dans ce livre les réponses aux questions ou interrogations que manqueront pas de vous poser vos chers têtes blondes: Mon papa embrasse Hervé! Les hommes peuvent-ils avoir des enfants? Mon copain à traité un garçon de pédé, pourquoi? etc. Le livre est ponctué de conversations qui s’adressent plus directement aux enseignants, éducateurs et qui leur permettra de construire des réponses plus efficaces. Citegay.com, novembre 2002.
Animation pédagogique sur l’homophobie et l’orientation sexuelle et amoureuse…
Depuis quelques années, les médias – télévision, cinéma, presse – s’emparent largement du sujet de l’homosexualité à la faveur des discussions parlementaires autour du PaCS (PActe Civil de Solidarité), des débats sur les familles homoparentales et les gay-pride qui rassemblent annuellement toujours plus de personnes sur le pavé parisien pour revendiquer, entre autres, une loi condamnant les propos homophobes. Les enfants et les adolescents en sont naturellement les témoins. Ils s’interrogent sur l’homosexualité et sur les hommes et femmes homosexuels. Bien plus encore ceux qui sont préoccupés par leur orientation sexuelle. La Ligne AZUR -0 810 20 30 40 – leur offre certes un lieu de parole mais le silence sur ces questions demeure la règle dans le monde scolaire. Toutefois, des parents et des éducateurs recherchent des réponses pertinentes. A l’automne 2000, une circulaire ministérielle parue au Bulletin Officiel de l’Education nationale indiquait aux enseignants comment réagir lorsqu’un élève traite un autre élève de « pédé ». D’autres textes et documents sont apparus. Des lycéens prennent pour thème de leurs nouveaux Travaux Personnels Encadrés des sujets relatifs aux homosexuels et l’homophobie. Le monde éducatif entre timidement dans cette question. Le présent ouvrage souhaite bousculer les préjugés, la frilosité, et l’ignorance. Il n’est pas un « kit » éducatif, ni un manuel exhaustif, mais une simple conversation fictive, jalonnée d’éléments de réflexion. Un nouvel espace de dialogue… parce que tout cela n’est qu’une question d’amour. Juste une question d’amour, tout simplement. Sans crainte, ni phobie. Ph. C.
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Thèse de doctorat de Philippe Clauzard: « La médiation grammaticale en école élémentaire », CNAM- Juin 2008
PHILIPPE CLAUZARD CNAM PARIS conservatoire national des arts et métiers
Thèse de Doctorat en formation des adultes
L’apprentissage grammatical est révélateur d’un apprentissage qui accompagne l’activité dans une circulation entre le « faire » et le « comprendre ». Nous nous référons aux travaux de Rabardel (2005) et de Pastré (2011) qui soulignent que depuis Descartes, on pose d’abord la question du sujet « épistémique », capable de raisonner à partir de ses connaissances, avant celle du sujet « capable » qui mobilise dans son action des ressources. Aujourd’hui, avec l’ergonomie cognitive et la didactique professionnelle, la perspective est renversée. Le choix est fait de subordonner le sujet connaissant au sujet capable, s’appuyant sur le constat que l’apprentissage accompagne l’activité, l’activité constructive de l’individu accompagne l’activité de production. Le sujet « capable » dit « je peux, je ne peux pas » avant de dire « je sais, ou je ne sais pas ». Le sujet capable est un sujet dont le développement porte, non sur l’acquisition explicite de savoirs, mais sur l’apprentissage en situation. Cela nous fait penser aux apprentissages sur la langue qui se développent en situation de manipulation et de communication. L’apprentissage sur la langue est un long tissage des diverses dimensions de ce média si particulier qui permet l’entrée dans tous les apprentissages. La langue ne peut pas s’appréhender pour l’écolier comme un tout objectivable. Il y a un nécessaire itinéraire d’appréciation et appréhension de la langue selon les diverses entrées que proposent les analyses sémantiques, morphosyntaxiques (ou orthographiques) et syntaxiques, voire même textuelles. Par ailleurs, la maîtrise d’un concept grammatical exige un enchaînement d’assimilations préalables, une progressivité dans les analyses de la langue qui permettent d’effectuer un pas de côté en différant la sémantique de la phrase pour s’attacher progressivement aux aspects formels de plus en plus abstraits. Chaque pas, chaque analyse, chaque dimension d’appréciation de la langue s’articulent et s’étayent pour construire un concept purement grammatical (ou linguistique) sur le fonctionnement de la langue, pour ouvrir un espace où la langue est pensée. Où l’on fait parler la langue grâce à son pouvoir réfléchissant. Seul moyen de conduire l’élève à passer du statut de « sujet capable » (celui qui parle ou écrit en respectant implicitement les règles de la syntaxe) à celui de sujet « épistémique » (celui qui contrôle son activité langagière à l’oral ou à l’écrit en réception et en production en utilisant des savoirs syntaxiques explicites, ayant développé une posture d’observateur et de juge éclairé de la langue et de sa pratique). La prise de conscience des règles de fonctionnement de la langue permis par l’apprentissage grammatical conduit l’élève à devenir un sujet « syntaxique ». Les glissements accompagnent ce changement de statut que nous qualifions ici de transformation de « statut communiquant » à « statut syntaxique ». L’apprenant se transforme en modifiant sa représentation sur sa langue et en maîtrisant l’usage de sa langue. Cette complexité même de l’acte d’apprendre pour assimiler des savoirs sur la langue exige la souplesse d’une circularité tant au niveau des entrées dans l’analyse que dans la dialectique entre réalisation de la tâche scolaire et mise en débat intellectuel avec ce qu’elle véhicule.
A COMMANDER AUPRES DES SERVICES DE L’ATELIER NATIONAL DE REPRODUCTION DE THESES

JUIN 2008
Si l’on souhaite comprendre de près l’activité enseignante du maître de grammaire, il importe de déterminer la finalité de son enseignement en fonction des interactions observées en classe que les conceptions peuvent confirmer ou non. (…) Nos analyses de corpus nous ont conduits à construire une autre hypothèse sur les finalités de l’enseignement, qui tend à esquisser des profils d’enseignants. Il nous est donc apparu une articulation entre les stratégies réalisées des enseignants en classe, leurs conceptions personnelles sur la grammaire et leurs bagages syntaxiques. La culture syntaxique du sujet enseignant influe sur sa pratique de classe. De même, leurs cours de grammaire semblent affectés par les conceptions personnelles sur la grammaire.